Tania Parnisari clame son innocence ! 
TROISIEME JOURNEE : 27 MARS 2008
 
 
Un des experts tardant à arriver, l'audience est retardée. 
 
 
Audition du Dr DR, 43 ans et du Dr TSSRD
 
Le Dr DR note une hospitalisation de Sophia en 1999, ainsi qu'un examen de Tania, par un confrère, aux urgences, le 17 mars 2003, suite à une fracture du bras droit pour cause de non-consolidation. 
Agée de 28 ans au 28/01/2003, sa fracture du bras droit fait suite à une violence et a donné lieu à un plâtre allant du bras jusqu'à la main, puis de l'avant-bras jusqu'à la main, au 12/03/2003. 
L'évolution normale de ce type de fracture est de 8 à 10 semaines. 
 
A la demande de B. MSSR, il est procédé à un deuxième examen qui, au 14/03/2003, révèle une autre lésion, qui est la trace de griffure. La patiente pèse 58 kg et mesure 1m70. Il y a une strie coutelleuse verticale de 2 cm de long sur le côté latéral gauche du cou. Une autre strie coutelleuse se trouve sur la première phalange du pouce gauche, mesurant 1 cm de long et 0, 3 mm de largeur. Un doigt porte la trace d'une piqûre d'aiguille. On ne peut pas conclure quant aux griffures mais il est possible qu'il s'agisse de griffure de ronces. 
 
Le Président rappelle l'hospitalisation de Sophia (3 ans et demi), du 13 au 16 septembre 1999, pour une surveillance de traumatisme crânien, survenu le 11 septembre 1999.
 
Le Dr TSSRD, expert-judiciaire, a été chargé d'étudier l'état de santé de Mme PARNISARI, suite à sa garde à vue. Le 12/08/2004, il est chargé d'un autre examen, suite à sa grève de la faim. La perte de poids constatée étant limitée, la réalité de cette grève reste une question. Un bilan complémentaire a fait état de 3 accouchements, de 3 IVG et d'une fausse-couche. Il note qu'avant son incarcération, elle n'était coutumière ni de l'alcool ni des psychotropes. La fracture du cubitus gauche a été provoquée par le père. 
Le Dr débute une étude de comportement et l'achève dans un Brico-marché à Sierentz. La grève de la faim a commencé le 05 juillet 2003 dans sa cellule individuelle. Elle prenait du café au lait non sucré à volonté ou du thé ou de la verveine, et elle buvait 2 verres d'eau par jour. Elle était sous médicaments antidépresseurs et psychotropes. 
 
Quant à l'enfant, elle a été trouvée "a-réactive au benzic-adépine" dans le sang, ce qui dénote une imprégnation médicamenteuse. Selon la mère, l'enfant aurait pu prendre des médicaments chez la grand-mère. 
Le médecin persiste dans une forte suspicion de non-grève de la faim lui aussi. Les 07/04/2005 et 25/05 2005, il y a vérification du maintien en détention. Elle est mise sous Spasfon pour saignements vaginaux. Il est procédé à un examen gynécologique par le Dr FLSSR le 06/10/2004 et il faut attendre un mois pour les résultats de ce frottis. 
Son avocat a dû exiger la communication des résultats médicaux. En effet, aucun caractère de gravité n'étant apparu au médecin, il n'avait pas jugé utile de les communiquer. Il a été procédé à une abrasion du col de l'utérus pour éviter toute propagation cancéreuse. Il est noté un problème, mais pas péril en la demeure. Il s'agit d'une lésion au 06/04/2004. 
Le dossier médical n'a pas pu être consulté pour cause de secret. 
Le médecin, visiblement gêné de ne pas avoir su répondre rapidement aux demandes médicales, ne trouve pas ses documents, cherche ses feuilles, reprend : 
- Le 30 avril 2005, effectivement... euh…
Il cherche... 
 
Les docteurs LDS et son confrère étant indisponibles, le Président procède à la lecture de leurs expertises. Le Dr LDS conclut en faveur d'une inhalation d'eau, son confrère sur la base de prélèvements cutanés conclut en faveur d'une asphyxie mécanique basée sur une lésion microscopique. 
 
Le Dr TSSRD n'étant pas de garde, c'est le Dr DR qui a été appel, compte-tenu de la gravité de la situation. Rien n'a été fait de façon professionnelle. Le cadavre a été sorti du ruisseau avec précautions, il y avait absence de lésions visibles, l'enfant était pieds nus. Elle a été retrouvée sans chaussettes, ni chaussures. Elle ne pouvait venir là seule sans être portée. Il y a rigidité aux 4 membres à 24h. Le décès a eu lieu par asphyxie. 
Le médecin a été notamment secondé par deux étudiants en médecine. L'autopsie a été faite de façon très professionnelle, dans un temps long pour ne rien laisser passer. Devoir professionnel oblige. 
L'enfant pesait 23kg, mesurait 1m26, portait un slip, un pantalon, un pull-over et était sans chaussettes, ni chaussures. 
On constate une macération des extrémités et une absence de lésion de la plante des pieds. Il est trouvé une strie par abrasion de 1cm au sourcil droit, au niveau de la racine du nez et de la paupière gauche. La pommette gauche, l'angle externe de l'œil gauche et le conduit auditif gauche ont notamment été examinés. L'examen du tronc sternal, et de la crête iliaque para-ombilicale gauche a été effectué. 
Aucune lésion du cou n'est constatée, donc pas de strangulation, la cavité thoracique montre une asphyxie classique : les bronches ne contenant pas de liquide et les artères étant normales. Pas d'eau dans l'estomac. 
Les cheveux du crâne ayant été rasés, celui-ci porte une ecchymose fronto-pariétale qui laisse supposer une pression supérieure. L'examen occipital révèle un choc non-brutal mais de plusieurs minutes, le dos porte une trace d'ecchymose intramusculaire. 
Quant aux conclusions sur une asphyxie ou une noyade, on note de la vase présente post-mortem. 
Le décès a eu lieu la veille au soir et a été daté entre 14H et 2H du matin, mais, par souci intellectuel, il faudrait ramener cette tranche horaire de 16H à 2H. 
Quant aux griffures, elles sont absentes sur les pieds et ont peut-être été faites par les ronces. il n'y a rien de certain, ce sont des hypothèses
L'agression sexuelle est éliminée car il n'y en a aucune trace. Le docteur conclut à un décès par syndrome asphyxique et non à une noyade. Le corps a été mis dans l'eau, l'enfant étant dans le coma. 
Les Dr LDS et STRSL ont procédé à une expertise sur l'ecchymose du crâne : il est possible que les lésions aient été opérées par la pression d'une main gauche. La main peut être celle d'une femme, d'un homme ou d'un enfant. Il est impossible de dire que c'est une pression par une main. Il est impossible de dire qu'il s’agisse d'une main gauche ou d'une main droite. Il est impossible de déterminer les causes des ecchymoses. 
 
Le Président interroge le Dr TSSRD sur le cancer de l'accusée. Il pense que la lésion était suspecte mais se retranche derrière le fait qu'il n'est pas gynécologue. Quant à la grève de la faim, il s'interroge sur sa réalité. Le Président interrogeant le médecin légiste sur le cadre d'exercice de ses conclusions, s'est vu répondre que l'autopsie répondait à des critères rigides en eux-mêmes. 
 
Maitre Muller, défenseur du père, interroge le légiste sur le fait qu'il y ait eu ou non une souffrance cérébrale de la victime; il répond qu'il est possible qu'elle ait éprouvé une forte angoisse
 
Maitre Bujoli l'interroge sur les origines des griffures. Le médecin précise que l'origine végétale exclut les ongles mais pas le novo-pan. Elle pourrait très bien avoir manipulé une rose. Une griffure d'ongle a une certaine largeur. 
Interrogeant le Dr TSSRD, celui-ci confirme qu'il mettait en doute la grève de la faim. 
L'avocat constatant l'absence d'eau dans l'estomac en déduit que Sophia n'avait pas bu et demande si cela peut déterminer l'horaire de la mort. 
Le médecin répond que l'horaire initial de 23H30 a été fixé pour pouvoir enregistrer le décès. S'en suit une discussion houleuse concernant cet horaire. 
L'avocat demande si un corps sans vie peut bronzer : il lui est répondu que non et qu'il ne s'agit pas d'une trace de bronzage mais d'une trace de contact avec un liquide. 
Conclusion, « on ne peut rien exclure mais on ne peut rien conclure non plus ». 
Au niveau des gencives il n'y avait rien. 
 
L'avocat général d'intervenir pour confirmer que la seule certitude est la présence d' 1g36 d'alcool dans le sang de la mère
 
Le Dr CLLQ, 55 ans, médecin légiste de Habsheim, intervient fin août 2003 : « Sophia, c'est un dossier médical sous scellé ». En septembre 1999, s'agit-il d'une intoxication médicamenteuse ou non : du 13 au 16 septembre 1999, alors qu'elle a 4 ans, elle a un traumatisme crânien, des épisodes de somnolence et une forte imprégnation médicamenteuse selon le dossier médical. Il s'agit d'un résultat qualitatif et non pas quantitatif. L'intoxication médicamenteuse est basée sur des anxiolytiques et des anticonvulsifs entraînant un sommeil profond et un coma. L'étude des dossiers montre que Tania n'est pour rien dans cette affaire.
 
 
La fracture du bras droit est-elle normalement consolidée ou mal consolidée suite à un effort ? Il y a eu des épisodes de violence conjugale les 02/10/2002 et 28/01/2003. Elle est allée au service des urgences le 15/02/2003, il s'agissait probablement d'une tentative de suicide. Une fracture du cubitus est longue à cicatriser, elle a été aggravée par la violence conjugale. La fracture du cubitus se traite, soit chirurgicalement, soit orthopédiquement. Dans ce cas, le traitement a été orthopédique : le membre a été bloqué pour rendre les mouvements impossibles et la cicatrisation se fait par consolidation mécanique, constatable par un examen radiologique. A la radiologie, la cal osseuse est constatée ou non. La consolidation est totale en 5 mois. 
Entre le 12 mars et le mois d'avril il n'y a pas eu de radios, la cal osseuse doit être faible. Le traitement de la fracture entre le 11/02 et le 13/04 a conduit à un élargissement de la cal osseuse de type radiologique. La consolidation commence au pourtour de l'os. Il conclut à un retard de consolidation. 
 
La présence de Tranxène et d'alcool peut-elle conduire à un état de torpeur ? 
Le 15 février 2003, lors de l'urgence, une prise en charge psychologique a été effectuée puisqu'l y avait traumatisme psychique avec angoisse. Le tranxène est d'une élimination très longue et « tout ça, c'est théorique ». 
 
Le Président affirme que ce médecin dit d'autres dates, d'autres poids... que précédemment. Le Président reparle de l'état de son bras, de la cal osseuse, de l'hospitalisation de Sophia en 1999... 
 
A une question de la cour, le médecin répond que quand la fracture est plâtrée les douleurs persistent.
 
 L'avocat général affirme alors que les fractures dont les consolidations sont difficiles, le sont à cause de la mobilité mais aussi à cause de l'os qui est très épais.
Il dit que le taux d'alcoolémie lié à un whisky est de 0,25 soit 0,50 pour 2 whiskies et l'élimination est de 0,5 à 0,10 par heure. S'il reste 1g20, où sont les verres manquants ? 
 
A la demande du premier assesseur concernant les médicaments, le docteur affirme que prendre 2 tranxènes ne suffit pas à calmer la douleur. 

L'avocat général demande si l'alcool peut exciter et conduire à une amnésie à éclipse personnelle. Le médecin de répondre : « Oui, bien sûr, même sans prise de médicaments ». 

Maitre Bujoli intervient pour réprouver le terme d'excitation évoqué par souci de la pudeur due à tous jusqu'à aujourd'hui. « Ils se sont excités pendant une heure, cet état de fatigue peut-il être lié à cela ? » [...] Il intervient aussi sur les grèves de la faim et le Président le coupe alors qu'il parlait de la poussette...
 
L'expert-géologue FRS a été consulté pour une précision sur l'interprétation des résultats concernant la terre et la géologie. Il insiste sur le fait qu'il parle de possibilités et non pas de certitudes. Il y a 3 groupes de prélèvements : le cadre métallique de la poussette, le lieu de découverte du corps (alibi pouvant être à l'origine). Il n'est pas possible de déterminer l'origine commune. Il n'y a pas d'identité totale mais, dans ses conclusions, il ne peut exclure l'origine commune. 
 
L'avocat de la défense conclut : « pas d'exclusions, pas de conclusions ». 
 
L'expert en génétique, monsieur HG, note l'absence de sperme. L'ADN du cheveu (5,10x10puissance15) a une chance infime d'appartenir à Sophia. L'élément pileux entre le pouce et l'index est un cheveu châtain : HV1-HV2 sont à Sophia, donc le cheveu est soit celui de Sophia soit celui de toute autre lignée maternelle mitochondriale. 
 
Le Président enchaîne sur des éléments d'assistance éducative courant juillet du Juge Des Enfants de Mulhouse et évoque les rapports d'incidents concernant Mickaël établis par l'ARSEA les 15/10, 29/11 et 03/12 de l'année 2007.
 
 
Audition de de Mme FBNSS
 
Une camarade de formation professionnelle de Wittelsheim est auditionnée, Mme FBNSS. Elle se présente comme une amie de Tania, elle était en formation avec elle en 1998 et 1999. Puis, elles se sont perdues de vue. Elle l'a retrouvée par la télévision. 
- Vous avez terminé? » demande le Président. 
- Oui, répond-elle. Je ne suis plus...
 Elles étaient quelques fois en compagnie des enfants elle étaient en situation normal. Pour elle, Tania est une fille normale, sympathique et agréable. 
Le Président dit qu'elle aurait dit le 25/06/2003 que Tania ne voulait pas de sa fille. 
Elle ne se souvient pas. 
Elle affirme qu'il est toujours impossible qu'une mère puisse tuer sa fille à cause de l'instinct maternel. 
Elles se voyaient en formation et le soir en discothèque, sans les enfants. 
Elle n'a pas eu connaissance de l'hospitalisation. 
En 2003, elle dépose que Tania aurait peut-être pu donner des somnifères pour pouvoir aller en boîte. Elle ne se souvient plus du tout. 
Le Président l'interrogeant sur l'enterrement de Sophia, elle a précisé que le prêtre y avait lu une lettre de Tania et qu'elle avait été surprise que Tania ne soit pas présente. 
Le Président précise que ce n'était pas son choix. 
- Cela m'a paru étrange. Elle ne s'interroge pas sur qui a tué. 
Le Président : 
- Qu'est-ce qui vous amène à dire ça ?
- Si c'est pas elle, la première question c'est : c'est qui alors ?... J'ai 3 enfants, je ne gère pas en mémoire.

Maitre Bujoli intervient pour préciser que ce n'est pas en 1997 qu'elles se sont connues mais en 1998 selon Tania. Quant à la question sur qui a fait le crime, Tania l'a posée maintes fois au juge d'instruction, pas au curé. 
 
 
Lecture d'audition au service de police d’ANBLL 
 
Le 09/04/2003, elle affirme qu'elle connaît Tania depuis 2001 parce qu'elle a accepté de garder son fils. Selon elle, elle est mécontente, à la naissance de Sophia, son mari reproche de ne plus faire le petit-déjeuner. Le frère habite chez eux et reproche de ne pas vouloir sortir avec elle et que "Raymond se choyait". Le 18/11/2003, elle dit que Tania ne donnait pas l'impression d'aimer Sophia, Sophia préférait sa grand-mère à sa mère. Elle affirme que Tania n'a jamais frappé. Céline a eu un bébé mort qui s'appelait Sophia. M MSTTT ne dit pas toujours la vérité. ANBLL revient ensuite sur ce qu'elle a dit par rapport au bébé de Céline et compte sur la discrétion du juge.
 
 
Audition de Madame BLM , 31 ans, femme au foyer, (Ex-femme de M. MSTTT)
 
Le  05/04/1998 à 13h45, Mme PARNISARI lui annonce qu'elle est la maitresse de son mari et elle apporte des preuves, que sont les bijoux payés avec la carte familiale... 
Le Président lui demande pourquoi Tania vient la voir tous les 2 mois. 
Elle répond que c'est pour la "chercher". 
Le Président l'interroge sur les réactions de son mari quant à ces visites. 
Elle répond qu'il lui reproche de lui avoir ouvert et que s'en suivent des violences verbales voire corporelles. 
Le Président : 
- Des menaces ? Téléphone ? Verbales ?...
Elle répond : 
- C'est arrivé mais disons... "je te choperais" ! 
Les menaces ont pour but qu'elle disparaisse.
A la demande du Président elle décrit son mari. 
Le Président lui demande ce qu'elle pense de la description faite par Tania de son mari. 
 
L'avocat de la partie civile de l'ex-mari de Tania, Maitre MULLER, lui demande si elle a appelé ce dernier. Elle répond que ça ne lui est arrivé qu'une fois sur une question de mariage et de vase en cristal quand il est en morceaux. Elle confirme à la demande de l'avocat que c'est bien elle qui l'a appelé.
 
Maitre BUJOLI la questionnant sur le harcèlement venant de Tania, elle confirme ce harcèlement vu la fréquence des contacts. Lui demandant si elle était au courant de la fréquence à laquelle monsieur allait chez elle, elle répond que ça ne la concerne plus. L'interrogeant encore sur la vitre cassée par son mari chez Tania, elle dit qu'il est devenu violent en rencontrant JP.
 
- Un jour, elle nous avait suivis en voiture à l’hôpital avec un enfant dans un siège auto ; ça a failli finir en accident dans un rond-point. Je gardais les enfants de M. MSTTT depuis 2003. Je l’avais rencontré au stade de foot et cette connaissance avait évolué en relation. 
- Vous indiquez que Tania harcelait M. MSTTT.
- Oui il m’avait dit qu’il avait des appels. 
Revenant à l’accident, elle indique que Tania fait des queues de poisson et qu’il s’arrête. Elle se déclare comme n’étant pas au courant des TS de Tania. 
- Le 12/03/2003, je sais qu’elle a fait une TS à cause de lui. 
Le Président l’interroge pour savoir si elle avait un enfant avec M. MSTTT. Elle répond que non. 
Le 12/03/2003, Tania a envoyé une photo et M. MSTTT affirme que ce n’était pas la première. 
- Le jour du drame, l’avez-vous vu ? demande le Président. 
- Oui, répond-elle, à la gare de Mulhouse, pour rentrer à Saint Louis. 
- Le 12/03/2003, à 16H10, M. MSTTT vint me chercher. Il arriva à 15H25. Il était rentré sur Saint Louis et y avait laissé les enfants après les avoir cherchés à 16H10, soit les 2 petites d’abord, puis les 2 grandes ensuite. Il est resté à la maison et s’est couché jusqu’à 18H30. Avoir fêté son anniversaire l’avait fatigué.
Le Président l’interroge sur les coups de fil pour lui qui auraient été reçus du lundi au mardi. 
Elle répond qu’elle ne se souvient pas. 
Le Président insiste : 
- Selon vous c’était Tania qui appelait ?  
Elle répond qu’une fois il le lui avait dit mais qu’il ne lui montrait pas les messages. 
Le Président lui fit remarquer qu’à l’époque elle avait dit le contraire. 
Elle répond : 
- J’ai su depuis qu’il était encore avec elle. 
 
Maître BUJOLI intervient à propos du gâteau acheté par Tania. 

 
La séance est suspendue et reprend à 16H. 
 
 
Audition de M. MSTTT, 40 ans, chef d’atelier
 
- Au début de notre relation ensemble il y a quelques années, c’était assez dur. Le 8 mars c’était mon anniversaire. Je suis parti vers 13H/13H30.
Le Président : 
- Quand avez-vous fait connaissance avec Tania ?
- Je ne sais pas exactement, répond-il. Elle avait déménagé sur Ferrette il me semble.
- Mais depuis combien de temps dure cette relation ? interroge le Président.
- Assez longtemps… Les coupures sont toujours du pas suivi, répond-il. Il y a très souvent des coups de fil et c’est toujours elle qui revient. 
- Jamais vous ? interroge le Président. 
- Non, mon contact de départ restait houleux. Houleux à la gifler, oui ! 
Le Président : 
- Le bras cassé, vous savez ? 
- Oui. 
- C’était quand ?
- Je ne sais pas, je ne sais plus l’époque du bras cassé, répond-il. 
La mère aurait dit que Tania lui a dit être tombée dans l’escalier.  
Revenant au jour de son anniversaire, il affirme qu’elle n’a pas consommé d’alcool et qu’elle est très calme, tout en affirmant
- Je vois où vous voulez en venir…
Le Président : 
- Vous y allez pour fêter votre anniversaire : vous a-t-elle proposé de repasser le soir ?
- Non, elle était calme
Le Président : 
- Dans votre première déclaration, vous aviez parlé de larmes aux yeux et qu’elle était devenue complètement normale : va-t-elle manger et boire ? 
- Je sais qu’elle a un gâteau. Mais il ne me semble pas qu’elle ait mangé. 
- A 16H39, au téléphone, évoque-t-elle la disparition ?
- Non, du tout. En fait, sur mon répondeur au boulot, j’ai pris connaissance des messages. Elle s’inquiétait de ce que Sophia n’était pas rentrée et qu’elle ne la trouvait pas. Sophia était descendue jouer avec Mickaël. 
Il dit avoir vu le père avec une BMW blanche. (Le père nie par un signe de tête.) 
Le Président :
- Elle a indiqué que c’était vous qui la harceliez. 
- C’est pas le cas, répond-il. 
- Aviez-vous connaissance des TS ? 
- J’ai pas assisté à tout. Elle avait un couteau pour se couper les cheveux. J’ai pris ma voiture et j’ai foncé dans le mur ????????????????????????????????? »
 Le Président : 
- Concernant le bras cassé, cette dénonciation de Tania qui a retiré sa plainte.
Tania nie la version du bras cassé de la femme de M. MSTTT et dit que M. MSTTT lui a affirmé « c’est ce que tu mérites ! »
Le Président continue : 
- Après les faits, vous êtes vous revus ?
- Le mardi au commissariat, le soir, ou le lendemain, chez elle. Elle essaye de savoir qui a fait quoi, comment, elle fait des suppositions et elle parle de Raymond qui est à St louis de 16H30 à 16H45.  
Le Président : 
- Avez-vous déjà commis des cambriolages ?
- Non 
Puis, il nie l’histoire des menaces de révélation. 
M. R, revenant du parloir, lui affirme qu’elle considère que n’importe qui aurait pu faire le coup, ce qui le laissait penser qu’elle le soupçonnait lui aussi. Alors il s’est fâché. 
M. MSTTT réaffirme que « Camilla était dans sa chambre » 
Il décide de se constituer Partie Civile puis de se retirer. 
 
Maître Bujoli lui demande s’il se considère comme violent.
Il répond « non ».
 
Maître Blum intervient :
« Il m’a dit qu’il était persuadé que Tania était innocente ! » 
 
 
Audition de M. RBD, 41 ans, serrurier ???? à St Louis
 
Il a rencontré Tania fin ??????? et lui a demandé une cigarette. Beaucoup de difficultés, se sont séparés plusieurs fois. Mickaël est né. Il refuse alors le mariage. 
- Sophia est arrivée et on s’est mariés. Au bout d’un an, on a divorcé. Je suis encore tombé dans ses griffes. Je devais tenir jusqu’au bout, pas faire de bêtise, pas craquer. Le premier coup a été un coup dans la voiture, le deuxième coup a eu lieu à Vieux Ferrette, à 3H du matin, les enfants étaient avec moi. Je lui ai demandé d’où elle venait : elle m’a mis deux claques. Ma passion c’est la sculpture. J’avais mes enfants tout le temps à côté de moi. Elle faisait tout le reste à la maison, plus les courses. Moi je ne voyais rien. Je sais pas pour l’amant. J’ai fait tout pour tenir sans m’énerver pendant 5 ans, jusqu’à ce que mon père me conseille de refaire ma vie. J’ai des regrets sur tout. Mon seul reproche : j’ai trop travaillé, j’ai pas vu les choses venir. Elle m’a piégé. Nous avons 7-8 ans de vie commune. Toujours le même type de relation, je l’ai épousée à cause du chantage aux enfants. Elle est manipulatrice. 
Le Président : 
- Etait-elle violente 
- Oui, avec les mots et les gestes, elle mettait Mickaël sous l’eau froide
- Un an après, Mickaël dira l’inverse et il répondra différemment par rapport à 2003
 
M. RBD a un pistolet, Mickaël est, selon lui, manipulé par Fabrice : il l’a vu aller vers lui comme un automate. 
Y aurait-il eu des menaces par M. MSTTT, tel qu’évoqué par l’ami M ? 
Il ne se souvient plus, pour lui ce sont des suppositions. Il est au courant d’une IVG. 
 

Le téléphone d'une dame sonne, elle est obligée de sortir. 
 
 
Maître Muller évoque des pièces en première instance : M. RBD a été poursuivi pour non paiement de la pension alimentaire puis relaxé. Le même dossier en appel en 2002 avec une demande de 80 000 Francs de Tania. 
 
M. RBD reprend : au décès de Sophia il était à Brunstatt et il a été avisé du déménagement, personne ne sachant où elle était, selon lui. 
- Je pensais trouver une mère abattue, j’ai pas trouvé une personne mais elle était froide et vide. 
 
Tania : 
- Pour moi c’est un géniteur, pas un véritable père ! 
 
Le Président : 
- Qu’en pensez-vous ?
- Pas grand-chose, répond M. RBD
 
Avocat général interroge M. RBD sur son emploi du temps.
- J’était au Géant Casino avec un copain pour y louer un DVD
- Selon M. BD, vous étiez  à 7H30 aux Assedic et au café
 
Maître BUJOLI :
- Rien ne confirme dans le dossier que le regard de Tania était vide, pour vous !
 
 
Lecture du rapport du Pr Dalligand, expert de Lyon pour Mickaël
 
C’est un enfant qui a 11ans. Le 25/09/2003 il est à Altkirch. Né le 01/12/92 à St Louis. Ses parents sont séparés. Rapport sur personnalité, histoire de Mickaël et sa relation à sa grand-mère. 
Le rapport se termine par une accusation de complicité. Il pointe le rapport de fusion exclusive avec sa propre mère. Une personne intelligente mais coléreuse à n’être jamais en lien avec la vérité, du fait d’une longue séparation avec sa mère. 
 
Mickaël est invité à s’approcher pour témoigner. 

Il n’a pas vraiment connu son père. Après l’incarcération le père avait ses expos donc Mickaël jouait. 
- M. MSTTT  a lancé une brique sur la fenêtre parce que M. PLPS voulait que ma mère l’épouse. Ma mère n’allait pas très bien à ce moment là, car c’était difficile pour elle d’élever des enfants seule, sans aide, sauf celle de ma grand’mère. Ma mère se bat pour nous et ne fait pas de différence entre nous, tout en donnant à chacun selon son âge. Comme elle l’a dit elle-même, elle gueulait, ce qui était indispensable pour obéir. Je n’ai pas de reproche à lui faire, elle nous a donné une bonne éducation et c’est tout ce que j’ai à dire. 
Le Président : 
- Vous pensez que c’est à vous de justifier ?
- Est-ce votre problème ? Mon père, je ne l’ai jamais vu, y en a jamais eu et on ne manque pas de quelque chose quand on n’a jamais eu ! 
- Sur quoi vous fondez vous pour dire « vu » ? 
- Interrogé à l’école sur mon père, je me suis dit que c’était un salaud, y a pas d’autre mot 
- Je ne reproche rien du tout 
- C’est l’expression que j’en ai, Sophia allait assez souvent chez sa grand-mère. 
Interrogé par le Président sur ses relations avec Sophia, Mickaël lui répond qu’il a tendance, personnellement, à préférer Camilla, parce que c’était la nouvelle. 
Interrogé sur ses activités avec elle, il répond qu’il joue au Monopoly, au garage, et qu’il ne se souvient pas l’avoir emmenée au parc. 
Le Président : 
- Vous souvenez vous du 8 mars ? 
- La policière m’a menacée de me mettre des claques : j’ai été retenu de 2H à 4H, on m’a toujours posé les mêmes questions, j’ai pleuré, elle m’a menacé de claques si je ne répondais pas. 
- Votre mère ou votre grand-mère vous ont dit ce qu’il fallait dire ou pas ?
- SVP n’insinuez pas des choses ! 
- Au juge, vous avez dit que la grand-mère avait dit de ne pas tomber dans le piège de Tania, de ne pas dire qu’elle buvait…
- ... 
- ... 
- Quant à M. MSTTT, je n’avais pas vraiment de contact avec lui et le peu que j’ai eu je l’ai trouvé gentil. 
- Tania a cherché à vous influencer ?
- Seulement les policières, oui
 
Et le Président démonte tout le témoignage de Mickaël. 
 
Le Président l’interroge sur le 10 mars. 
- A quelle heure êtes vous rentré ? 
- 4H/4H05 
- Quand vous arrivez,  Sophia est déjà là ? 
- Non, j’ai posé mon sac, salué maman qui dormait, je suis descendu dans le garage, j’ai regonflé mon ballon et là Sophia rentre et je pars à l’aire de jeux
- Revenez vous dans l’appartement avant de partir ? 
- Je ne sais plus, c’est possible 
- Vous l’avez déclaré. Quelles chaussures portait-elle? 
- Il me semble qu’elle portait des baskets, je ne l’ai plus revue avant de partir à l’aire de jeux 
- Sophia a-t-elle été punie ? 
- Je ne sais plus 
- Il fallait 10 min jusqu’à l’aire de jeux, vous avez dit attendre un copain à l’arrêt de bus et être arrivé à l’aire de jeux à 16H45 et Alexandre était venu vous rejoindre à l’aire de jeux pour vous demander de rentrer chez vous. Vous aviez l’impression que la policière vous soupçonnait. 
- Une fois, la policière m’a dit « je pense que c’est toi
- Y avait-il un pull posé sur une chaise ? 
- Je ne sais plus 
- Le garage était il fermé à clef ?
- Je ne sais plus 
- L’était-il d’habitude ? 
- Oui
- On a du mal à vous croire, Mickaël… mais on ne renie pas sa mère… Ces derniers temps au parloir ça se passe mal ? 
- Je crie, car j’ai pas l’impression que c’est ma mère.
Sa grand-mère lui reproche de crier sur sa mère et sa tendance à renier de plus en plus sa mère. 
- Vous vouvoyiez ou tutoyiez la policière ?
- Vouvoyer
- Non vous la tutoyez, c’est dans le PV 
Le Président revient sur les colères :
- C’est des colères, pas des petites colères 
- Ma mère devait assumer les 2 rôles avec un chantage de ma grand-mère. 
J’attends l’acquittement de ma mère !
 
L’avocat général affirme à Mickaël que ses dires sur l’amour de sa mère et ce qui s’est passé ce jour-là dépendent de ses souvenirs
- Le 12/03/03, si vous aviez une baguette magique que feriez vous ?
- Je serais le meilleur au foot
 
Maître BUJOLI reprend tout et est interrompu par la partie civile. 
 
Le Président affirme qu’il saura intervenir et encourage Maître BUJOLI à poursuivre.
- Pour ne pas agacer la partie adverse, je préfère arrêter là, termine Maître Bujoli. 
 
La séance est levée. 
 


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