Tania Parnisari clame son innocence ! 
La présomption d'innocence... présomption de culpabilité !

La présomption d'innocence est l'un des principes les plus importants de notre droit criminel. On retrouve cette notion nécessaire et légitime dans plusieurs articles de lois (nationaux et internationaux). Le premier article remonte très loin dans notre Histoire, en 1789 : "Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable" (Déclaration des Droits de l'Homme et du citoyen).

OUI ! C'est un DROIT applicable à chacun d'entre nous, depuis Hier jusqu'à Demain, en passant par Aujourd'hui !!! 

Malheureusement, ce droit n'est plus respecté : il est BAFOUE dès le début en garde à vue, puis en détention provisoire, et enfin devant les magistrats, juges de l'inquisition !

Comme le dit si bien Philippe Ohayon dans un texte très complet : "si la présomption d'innocence règne dans les textes, c'est bien la présomption de culpabilité qui gouverne leur application."

Les magistrats se fient souvent au travail de leurs confrères ou collaborateurs, ce qui leur évite d'avoir à replonger dans un dossier énorme (où les mots importants ne sont peut-être pas surlignés, comme dans leurs cours d'université) ; les jurés sont bien souvent aveuglés par des débats inégaux, menés bient trop souvent à charge...

Seul le public présent peut peut-être se rendre compte de cet "inégalitarisme aigü", car il est en face de la Cour et des Jurés et qu'il voit ce qui s'y passe (mimiques, apartés, signes visibles d'ennui ou d'intérêt...)

Comme le dit Aristote "l'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit", donc examine.

Si le magistrat fait aveuglément confiance à ses collaborateurs, à ceux qui ont instruit ou constitué le dossier avant lui, si le magistrat n'examine pas le dossier de lui-même... où va-t-on ? !

ignorer la présomption d'innocence (donc la loi) et à n'entendre que le gong qui résonne dans notre tête fatiguée : "COUPABLE ! Allez, qu'on en finisse avec ce dossier infiniment long et difficile à gérer... "
Le magistrat se forge donc, par avance, une intime conviction basée sur le travail de ses prédécesseurs. Une intime conviction de culpabilité !

Philippe Ohayon reprend le principe de la règle et de l'exception en disant que de nos jours, pour la justice, "la présomption de culpabilité, par réflexe, ne peut être que la règle et la présomption d'innocence, l'exception". 

C'est cela qu'il faut combattre ! Cette règle ignoble et injuste qui institue le droit à la présomption de culpabilité... et donc à l'intime conviction forgée d'avance. 

Pour obtenir non pas une vérité mais LA vérité, ce système doit changer !

"La vérité tient sur trois piliers [dit Philippe Ohayon] : l'accusation, la défense et le Tribunal. Il est indispensable que ces trois pôles soient à équi-distance les uns des autres pour que la vérité atteigne un point d'équilibre."

C'est-à-dire que chacun fait son travail, en lisant le travail de l'autre certes, mais en le complétant, en le réajustant si besoin est, en cherchant d'autres indices, voire d'autres conclusions... Et si, une fois ce travail fini et les débats terminés, rien n'est concluant, alors TOI (citoyen, avocat, juge, procureur, juré...) souviens-toi de cette belle phrase (de Pythagore) devenue proverbe :"

DANS LE DOUTE, ABSTIENS-TOI !"

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