L'injustice et la soif de justice.
"J'ai compris qu'il ne suffisait pas de dénoncer l'injustice,
il fallait donner sa vie pour la combattre." Albert Camus
"Toute injustice non dite et nonj ugée appelle le jugement." Paul Ricoeur.
L'émission
Affaire classées a pour devise :
"Le temps de faire justice n'est jamais fini". Les romans policiers sont aussi basés sur cette quête.
Soif de justice et soif de vérité.
Nous cherchons la vérité.
Connaitre la vérité apaise même quand on a perdu une personne chère.
Certains grands auteurs de romans policiers ont bien rencontré cette assomption sous-jacente à leur écriture.
Dans un monde marqué par le mal, parfois très profondément, on ne peut renoncer à désirer la justice. Tout être a droit à la vie.
Souvent, dans
Affaire classées, non seulement les proches de la victime, mais le coupable lui-même ne sont pas en paix, parfois des années après le crime.
Le coupable trouve ici une sorte de rédemption à expliquer ce qui s'est passé, ce qu'il a fait. Le cas du coupable qui ne veut rien dire et rien expliquer serait le cas le plus violent, mais il est extrêmement rare.
Bref, comme l'écrit l'auteur de romans policiers, Dorothy Sayers,
" La justice est une chose terrible mais l'injustice est pire".
Elle ajoute : "Les romans policiers contiennent un rêve de justice. Ils projettent une vision du monde dans lequel les tirs sont redressés et les méchants trahis par des indices dont ils ignoraient qu'ils les laissaient. Un monde dans lequel les meurtriers sont pris, [...] les victimes innocentes vengées".
On lui objecte alors : "Mais c'est juste une vision. Le monde dans lequel nous vivons n'est pas comme cela."
Elle répond : "Les romans policiers gardent vivante une vision du monde qui devrait être vraie. Bien sûr, les gens les lisent pour le divertissement, comme ils font des mots croisés. Mais derrière
ils nourissent une faim de justice."
Le roman policier nous fournirait comme inconsciemment
la réassurance que nous vivons dans un univers moralement compréhensible
et que
nous avons le devoir de rechercher la vérité et la justice.
[...]
La chose la plus importante, à la fin, n'est pas la punition du coupable, mais la réconciliation que fait la vérité[...].
Pas de liberté sans vérité. Pas de paix sans justice.
Le jugement lui-même peut-il être une bonne nouvelle ?
Oui car, sinon, comment sera entendue une parole de vérité? "
Marc Rastoin, S.J. bibliste.
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